Mémoire de poisson
Et il faut leur donner raison, après des décennies relativement sages, force est de constater que désormais tout peut survenir à tout moment.
Pendant seulement la première quinzaine de jours du mois de janvier, les Américains ont kidnappé un président étranger, abattu dans la rue une passante dans le cadre d'une opération digne des pays totalitaires et menacent très sérieusement d'envahir le territoire d'un pays de l'OTAN.
Au Québec, le premier ministre a annoncé sa démission. Depuis, la moitié du conseil des ministres actuels en est soit à saliver autour du steak que représente la chefferie du parti au pouvoir ou attend dans le cadre de porte que la cloche de la fin du mandat sonne pour vaquer à d'autres occupations. Et n'oublions pas Mark Carney qui est revenu de la Chine avec une entente qui permettra aux véhicules chinois de rouler dans les nids-de-poule canadiens.
Peut-être est-ce un mécanisme de défense ou simplement un symptôme de notre dépendance à l'électronique, mais définitivement notre capacité d'attention collective se rapproche d'année en année à celle des poissons rouges.
En 2025, je croyais dur comme fer que les libéraux de Justin Trudeau étaient condamnés à perdre le pouvoir, peu importe le changement de chef, mais il a suffi de seulement quelques mois pour que les électeurs changent de cap devant la nouveauté que présentait Mark Carney (qui pourtant était un proche conseiller de Justin Trudeau).
À la CAQ, on espère certainement copier le même scénario et avoir le même effet. C'est possible que ça fonctionne. C'est aussi possible que le PQ réussisse à convaincre une majorité d'électeurs que l'indépendance est la meilleure option, qu'un hurluberlu fasse accepter l'idée de joindre les États-Unis, que l'Alberta quitte le Canada, nous plongeant ainsi dans une crise économique ou toute autre chose qui semble plus ou moins plausible, mais pas impossible.
Avec les joies de la fragmentation des publics, de la perte de confiance envers les médias traditionnels, de la publicité ciblée via l'utilisation de nos données personnelles, des fausses nouvelles et des algorithmes laveurs de cerveau, tout est possible!
Si j'étais multimilliardaire comme Jeff Bezos ou Elon Musk, je m'amuserais à essayer de convaincre l'opinion publique de la nécessité d'une absurdité quelconque. Genre l'obligation pour tous les fromages industriels du type Petit Québec d'être colorés orange ou de forcer les constructeurs automobiles à peinturer les voitures à essence avec des motifs carottés pour inciter les acheteurs à passer à l'électrique.
Pour l'instant je suis bien loin du milliard et je pense que je vais me limiter aux chroniques dans La Vie d'Ici.