J'ai voulu écrire au père Noël cette année. Ma liste de cadeaux était plus longue que ma limite de carte de crédit et j'ai pensé qu'il pourrait être généreux. En théorie j'ai été sage, mais c'est surtout qu'en vieillissant on a moins le temps d'être tannant.
Puis ça m'a frappé. Écrire au père Noël, après un certain âge, ce n'est pas sérieux! J'ai donc plutôt écrit à ceux qui, du point de l'uniforme de travail, ressemblent le plus au père Noël: les juges de la cour suprême du Canada.
Juge Richard Wagner
Cour suprême du Canada
H0H H0H
Canada
Cher juge Wagner…
J'espère que votre travail avec vos lutins légistes se déroule bien. Cette année, j'aimerais soulager quelque peu le père Noël et vous adresser ma liste de souhaits. On dit que l'habit ne fait pas le moine, mais j'imagine que votre manteau rouge est aussi un peu magique…
Je n'ai qu'un seul vœu. J'aimerais que vous trouviez moyen de criminaliser la pauvreté organisée.
Ne vous plongez pas trop vite dans le Code criminel. C'est une notion qui m'est venue à l'écoute de la présentation des budgets provinciaux et fédéraux.
Voyez-vous, on a déjà la notion de crime organisé, on comprend ce qu'est la pauvreté, et même si personnellement je ne suis pas organisé, mais j'ai une vague notion de ce que cela peut représenter…
La pauvreté organisée, c'est le fait que nos instances politiques ont pour rôle de collecter nos taxes et impôts en échange de services publics offerts pour le bien commun des contribuables. Et pourtant, force est de constater que ces mêmes gouvernements ne sont plus capables de suivre la "game" dans un contexte où tout coûte de plus en plus cher chaque seconde.
Un seul exemple: En novembre denier, les libéraux canadiens étaient tout fiers de présenter un budget comptant, notamment, 5 milliards pour construire des hôpitaux partout au Canada. Qu'est-ce 5 milliards aujourd'hui? Même pas assez d'argent pour construire deux fois le futur pont de l'île d'Orléans (annoncé en 2024 pour 2,7 milliards).
Vous voyez où je veux en venir très honorable juge Wagner? Les contribuables se font définitivement organiser, mais par des instances qui nous enferment dans une sorte de pauvreté gouvernementale.
Est-ce qu'on pourrait tenir nos élus imputables, non pas seulement lorsqu'ils détournent l'argent public dans des stratagèmes malhonnêtes, mais aussi lorsqu'un groupe d'individus en position de pouvoir échouent à répondre aux besoins des contribuables qu'ils représentent?
Je sais très bien, juge Wagner, que l'ampleur de la tâche est énorme, mais il est beaucoup trop facile d'éviter le problème à court terme en retardant les projets ad nauseam et en recourant à l'emprunt, quitter à endetter nos états jusqu'à la fin des temps.
Ce sera tout pour moi, très honorable juge Wagner.
Joyeux Noël!