Étant jeunes, Saint-Jean-Vianney représentait pour nous un monde d'histoires, un endroit où la nostalgie pouvait se faire sentir, malgré les 32 années qui séparent notre naissance de la tragédie qui a changé à jamais l'apparence de ce village tant aimé. En dépit de sa disparition, son récit a continué à être partagé par ceux qui se souviennent. Dans notre cas, nos grands-parents furent les porte-paroles de nos connaissances reliées à cet évènement. Nous avons été introduites à ce village à travers leurs souvenirs vécus. Connaitre le rôle de notre famille au centre de son fonctionnement, sous l'influence de notre arrière-grand-père, le maire Lauréat Lavoie, nous a apporté un sentiment de fierté malgré la tristesse rattachée à ce lieu. Au fil des ans, les efforts constants de notre grand-mère, Rolande Lavoie, afin de perpétuer la mémoire du village pour les générations actuelles et futures, continuent à maintenir vivant Saint-Jean-Vianney dans le cœur de ses habitants et des nouvelles générations. Pour nous, ce lieu représente plus qu'un glissement de terrain. C'est un témoignage de la résilience, de la persévérance et de la coopération présente à travers la population saguenéenne. Ce portrait permet de rendre hommage aux 31 victimes de ce séisme, qui, comme le village, nous ont quittés prématurément. En plus de l'importance de se souvenir de cette nuit tragique du 4 mai 1971, il est nécessaire de garder en mémoire ces personnes qui ne seront jamais oubliées.
Aujourd'hui, en tant que géographe (Alyce) et diplômée en génie physique (Rachel), Saint-Jean-Vianney nous parle d'une nouvelle façon. À travers la science, nous sommes en mesure de comprendre les phénomènes mis en action, il y a 55 ans de cela. Ce faisant, nous continuons de mettre en œuvre la mémoire riche de ce village, tout en respectant celle de nos grands-parents. Saint-Jean-Vianney reste donc enraciné dans nos souvenirs à jamais.
Alyce Morel